Volkan Çelebi

Comme annoncé précédemment, Volkan Çelebi, qui était déjà venu en résidence il y a plusieurs semaines, est de retour à l’Abbaye royale de Saint-Riquier pour quelques jours.Volkan 02 copyLe jeune philosophe avait profité du calme et du dépaysement pour se concentrer totalement sur la rédaction de son premier livre.
Pour rappel, Volkan Çelebi est directeur d’une maison d’édition, « Monokl », basée à Istanbul et spécialisée dans les ouvrages philosophiques. Il est actuellement en train d’écrire son premier livre, qui sortira d’ailleurs en septembre en Turquie. « To live and you » est le titre anglais de ce livre dont chaque chapitre relate une action grâce à laquelle, selon Volkan, on se souvient que l’on est vivant (vivre, partir, rencontrer, explorer…).
Depuis sa première résidence, Volkan est retourné en Turquie. « J’ai assisté à une conférence internationale à Istanbul où j’ai rencontré le célèbre philosophe italien Giorgio Agamben, explique Volkan. J’ai également travaillé pour ma maison d’édition. Ce n’était pas prévu que je revienne ici mais j’ai demandé et j’ai pu être de nouveau accueilli ».

Il se fixe pour objectif de terminer le septième et avant-dernier chapitre de son livre avant la fin de sa deuxième résidence à l’Abbaye. « Il ne me restera plus qu’un chapitre à écrire, sur la notion d’arriver. Je pense que j’ai encore besoin d’un mois pour terminer le livre. Après, il y aura tout le travail de relecture, bien sûr ».

A la suite de quoi le livre, qui fera environ 200 pages, sortira tout d’abord en Turquie. Puis il sera traduit en français et en anglais.

A quelques pages de la fin, Volkan se montre satisfait de son travail. « Je suis content, confirme-t-il dans un français de plus en plus maîtrisé. J’ai réussi à faire, à produire ce que je voulais. J’ai trouvé mon style en quelque sorte. Ce que j’écris, c’est vraiment ce que je pense ».

En résidence

VOLKAN ÇELEBI : LE PHILOSOPHE

 

Volkan 1

 

L’Abbaye royale de Saint-Riquier accueille, dans le cadre de ses résidences internationales, un chercheur pour le moins surprenant. Volkan Çelebi, jeune Turc de 31 ans, est à la fois étudiant en philosophie à Paris 8 où il poursuit actuellement un doctorat, et directeur d’une maison d’édition, « Monokl », à Istanbul. 

Spécialisée dans les ouvrages philosophiques, « Monokl » édite des grands noms de la philosophie internationale, dont française, tels que Badiou, Ranciere, Negri, Sbterdijk, Agamben ou encore Vattimo.

Avec un pied à terre à Istanbul et un autre à Paris, Volkan Çelebi aime s’isoler pour travailler. C’est ce qu’il vient faire à l’Abbaye de Saint-Riquier. Après avoir rédigé de nombreux articles, il s’est lancé dans l’écriture de son premier livre. Ce qui ne l’empêche pas de découvrir avec bonheur la Picardie Maritime et notamment la Baie de Somme.
Le manuscrit pas encore terminé, Volkan nous livre tout de même, en langue française qu’il apprend, de manière intensive, depuis cinq mois, quelques éléments sur son contenu : « C’est un livre qui répond à la question : que veut dire vivre ? Chaque chapitre relate une action qui se rattache à la vie, grâce à laquelle on se souvient, on sent que l’on est vivant. Le style est simple, accessible à tout le monde et pas uniquement aux intellectuels ».
Un chapitre, une action. Soit : vivre, partir, rencontrer, explorer, cacher…

 

« On a oublié ce que voulait dire créer »

 

De par son métier et sa formation, Volkan Çelebi pose un regard à la fois pessimiste et réaliste sur l’art dans la société actuelle. Une société actuelle qu’il juge d’ailleurs « très attachée au capitalisme ». A tel point que la culture n’est pas vivante. Il développe : « L’art vit grâce au passé, grâce aux monuments historiques comme les églises. L’art au présent n’existe pas. Car on a oublié ce que voulait dire créer ». Justement, que veut dire créer selon le jeune Turc ? « C’est concevoir quelque chose d’unique, que l’argent ne peut mesurer. Aujourd’hui, nous sommes attachés à l’argent et l’aspect matériel des choses. Nous devons trouver une façon de nous souvenir de ce qu’est le temps, la valeur du temps et la valeur de vivre, qui n’est pas quantifiable par l’argent ».
Au contraire de ce que notre société engendre : « Le capitalisme nous impose du temps libre pour des tâches, pour parvenir à un objectif mais un objectif qui n’est pas pour nous ».

D’où la question : l’artiste travaille-t-il pour lui ou pour autrui ?
Selon Volkan, pour qu’une œuvre d’art fonctionne, ait un sens, elle doit permettre à autrui de percevoir autrement le monde dans lequel nous vivons.