Emile Varbanov

Depuis le 18 et jusqu’au 22 mai, l’Abbaye royale de Saint-Riquier accueille un résident bulgare.
Emile Varbanov, 53 ans, a bénéficié d’une bourse Odysée (Ministère de la Culture) et passe donc quelques jours à l’Abbaye avant de se rendre dans un autre Centre Culturel de Rencontre, la Saline Royale d’Arc-et-Senans.

Emile Varbanov est né à Conakry, la capitale de la République de Guinée. Il vit aujourd’hui à Sofia, la capitale bulgare et se retrouve souvent à voyager dans le cadre de son travail.
A partir du secondaire, il a suivi ses études en France. A Paris tout d’abord, au lycée Molière. Il a ensuite obtenu un DESS Communication et Organisation des Entreprises à Nancy avant d’intégrer l’Institut européen des hautes études internationales de Nice.

Aujourd’hui, Emile Varbanov, qui est francophone, est expert en chef au Fonds national bulgare pour la culture.

 

Emile Varbanov, en quoi consiste votre métier ?

Je veille au développement territorial. Je parlerais même d’orientation stratégique.
Il s’agit d’identifier les atouts territoriaux et d’aider les collectivités locales à développer leur patrimoine autant immatériel que matériel. Cela passe également par la recherche de financeurs.

La finalité n’est pas de créer une manifestation culturelle. C’est que cette manifestation culturelle contribue au développement territorial. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui se passe après, les conséquences.

Pouvez-vous nous donner un exemple ?

J’en ai même deux.
Je suis, avec d’autres personnes bien sûr, à l’origine du jumelage de la ville de Longueau (à côté d’Amiens) avec celle de Ivaïlovgrad, en Bulgarie. Cela se traduit par la mise en place d’animations et d’échanges.

Autre exemple : dans la région de la Thrace, en Bulgarie, nous avons créé le Festival du patrimoine  culinaire. Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, on y découvre de nombreux métiers. Et à partir de cela, nous créons un réseau. Encore une fois, le Festival n’est pas une finalité en soi.
 

Emile varbanov resident bulgare studio 19 05 2015 1


Quels sont les objectifs de votre résidence à l’Abbaye royale de Saint-Riquier ?

Il y en a deux prioritaires.
J’aime beaucoup les principes de la bourse Odyssée et des Centres Culturels de Rencontre.
Des monuments historiques deviennent des organismes vivants. Les CCR font vivre la pierre qui, sinon, portent simplement les traces de l’Histoire.
J’aimerais élargir ces deux processus à la Bulgarie. J’ai d’ailleurs déjà réfléchi à quelques monuments qui pourraient être concernés.

Ensuite, je voudrais développer un guide qui démontrerait l’importance des réseaux culturels dans la Coopération européenne et le développement des collectivités locales.
Pour ce faire, je vais demander à toutes les personnes que je vais croiser dans le cadre de mon travail et de mes voyages de me donner, par écrit, leur avis sur les réseaux culturels aujourd’hui et dans une vingtaine d’années.

L’idée est d’analyser ces avis et de les comparer avec un document que l’UNESCO va publier d’ici quelques mois. Comparer un document officiel avec ce que pense un échantillon de personnes regroupant diverses fonctions et classes sociales me semble très intéressant. Car après tout, la culture concerne tout le monde. Ces personnes que je vais interroger ne sont pas neutres au sujet.