Affiche lunesiains 21 mars 72dpi

 

Au programme

Plantons la Vigne (anonyme)

Rabelais : présentation de la Dive Bouteille

Chaconne, de Monsieur de Sainte Colombe

Aussitôt que la Lumière (1644), Adam Billaut

« Sus, sus du Vin partout », extrait du Bourgeois Gentilhomme de Lully

Marche Turc et air du « Grand Mufti », extrait du Bourgeois Gentilhomme de Lully

Couplets à mon verre (chanson de Desaugiers)

Jésus Christ s’habille en pauvre (chanson traditionnelle)

Texte « Christ et vin »

Komm, susses Kreutz (extrait de la Passion selon St Matthieu) de JS Bach

L’ivrogne et le Pénitent (chanson traditionnelle)

L’ivrogne et sa femme (Pierre Jean de Béranger)

Danse instrumentale de Praetorius

Sur une mouche (qui tombe dans un verre de vin) anonyme- début 18°

Pièce instrumentale de Dubut

« Chantons sans fin, le Dieu du Vin » de François Couperin

Chanson à Manger, Louis Lemaire (1693- 1750 ?)

Chanson du Taureau (Air de Carmen) sur un air de Bizet

Eloge de l’Eau, Raoul Ponchon

Chevaliers de la Table Ronde (anonyme)

 


Airs à boire et à aimer
De l’art de la chanson digestive et de l’Amphigouri

Tout commença peut-être en ce jour où Gargantua vint au Monde, extrait de l’oreille de sa mère et du cerveau du divin Rabelais…Rappelons-nous que le premier cri du Géant, Gargantua, fut « À boire, À boire, À boire »… C’était comme une chanson évidente, une mélopée hurlante…Peut-être aurions-nous dû en faire l’hymne de la belle et douce France : « À boire, à boire, à boire, … enfants de la patrie »… ?

Depuis cet événement presque mythologique, la France est liée par un contrat quasi moral à cet art du chant
« Bachique », du chant « Épicurien ».

En effet, tout au long de l’histoire des bateleurs, des ménétriers et des saltimbanques on retrouvera tous ces hommes de la fête, dans les faubourgs de toutes nos grandes villes !

Ces chansonniers de la « ripaille », pratiquants de la « Dive Bouteille » se réuniront dans des cabarets, « La Pomme de Pin », la « Croix de Lorraine », ou le « Mouton Blanc » ou sur les ponts de la Parisienne, sur le Pont Neuf particulièrement, et aux foires St Germain ou St Laurent.

Au moment même où Molière tente sa chance, des faiseurs de chansons, tels que Tabarin, Gaultier, Turlupin ou Philipot (le Capitaine savoyard) conquièrent les parvis des scènes improvisées et populaires. Ils chantent à s’en rompre le gosier du répertoire digestif, du répertoire sous forme d’amphigouri spéculatif, où tout y passe, où chacun en prend pour son grade…

Puis viendra le temps du siècle du Caveau, au XVIIIème, moitié hostile aux philosophes des Lumières (Piron contre Voltaire !), avec de nouveaux chansonniers tels que Helvétius, Panard, Crébillon et même Rameau, qui entonneront tout ce beau répertoire, léger, croustillant, insouciant… qui dit que l’on doit vivre pour apprendre à jouir de tout !

Arnaud Marzorati