Journée Culture - Insertion

« La culture est un droit fondamental ». En marge de la journée colloque « Culture Insertion » organisée jeudi 21 mai sur le site de l’Abbaye royale de Saint-Riquier, Catherine Heurtois, directrice du territoire « Littoral Baie de Somme » au Conseil départemental, a d’emblée donné le ton. L’objectif du jour était bel et bien d’associer deux notions, « social » et « culture », via l’insertion.

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120 personnes regroupant des travailleurs sociaux, des professionnels de la culture et des personnes qui en sont éloignées, pour la plupart rattachées au Cardan, se sont divisés par groupes. « Cela rend l’atelier plus actif et les gens plus participatifs », a expliqué Jean-Christophe Iriarte Arriola, du Cardan. L’idée était bien sûr de faire se rencontrer travailleurs sociaux et public éloigné, autour des problématiques culturelles. Durant cette journée, on avait à cœur d’échanger par-delà les différences.

Il s’agissait d’abord pour chacun de donner la représentation qu’il se faisait de l’insertion. Beaucoup ont alors mentionné l’insertion professionnelle et sociale avant d’évoquer l’insertion culturelle, mettant ainsi en avant les préjugés que le public a envers les structures culturelles et vice versa.
Pour d’autres, l’insertion revient à suivre un mouvement. Mais avec des conditions. S’insérer suppose une réciprocité, une structure capable d’accueillir. Il est notamment ressorti que l’insertion était plus simple à plusieurs et nécessitait un accompagnement non seulement physique mais également institutionnel et financier.

Le public était ensuite invité à expliquer son rapport à la culture. La peur de ne pas connaître, de ne pas savoir, de ne pas être à sa place dans un musée sont des notions qui sont alors beaucoup revenues.

En réponse à cela, les professionnels de la culture ont pu présenter les différentes manifestations que leur structure respective propose, ainsi que les moyens de médiation mis en place. « Il faut de la médiation humaine, s’est exclamée une femme membre du Cardan. Si on nous laisse tout seul avec notre audio guide, il ne se passe rien. » L’accent a été mis sur l’accompagnement dont doivent faire preuve les professionnels de la culture avec un public éloigné. « Nous devons leur prouver que, contrairement à ce qu’ils pensent, ils sont capables de faire des choses intéressantes », a insisté l’un d’entre eux.

Dsc01266De leur côté, les travailleurs sociaux ont tenu à briser quelques préjugés. « Ce n’est pas parce qu’on est assistante sociale qu’on sait tout », a assuré l’une d’entre elles. Avant de conclure : « En tout cas, les efforts sont à faire de chaque côté. Si le public éloigné se sent défavorisé, il doit montrer qu’il a envie de s’intégrer. Et nous, de notre côté, nous devons nous intéresser ».

En fin d’après-midi, Ixchel Delaporte, journaliste à L’Humanité, a animé le bilan de la journée. Chaque représentant de groupe a rapporté le contenu de leurs échanges.
Et la journaliste de conclure : « Si je peux vous donner un conseil, c’est de continuer. Que des journées comme celle-ci se reproduisent, que les abbayes s’ouvrent comme celle-ci. Il faut décloisonner les préjugés ».