L'Abbaye

Histoire

Elle est fondée par le futur saint Riquier en 625, sur une source, objet d’un culte païen très ancien. L’abbaye devient royale en 632 par la protection que lui accorde Dagobert 1er. C’est Charlemagne en personne qui confia à son gendre, Angilbert, la construction d’une nouvelle et vaste abbaye avec les matériaux les plus nobles, forgeant ainsi un modèle d'architecture religieuse pour les constructions ecclésiastiques de l’Occident. Grâce à une bibliothèque devenue, au fil des siècles, l’une des plus importantes d’Europe, et à un scriptorium actif notamment dans la création et la diffusion de la minuscule caroline, l’abbaye joue un rôle considérable dans la conservation et la transmission des savoirs jusqu’à la fin du XIIème siècle. Joyau de l'architecture gothique, l’Abbaye a connu de nombreuses destructions dûes aux incendies et aux pillages mais reste aujourd'hui l'un des plus beaux édifices de France, notamment grâce aux travaux réalisés par Charles d'Aligre, au XVIIème siècle.

L'Abbaye royale est devenue aujourd'hui  Centre Culturel de Rencontre, labellisé en 2013 par la Ministre de la Culture, et voué aux écritures à l’ère du numérique. Depuis plus de trente ans, les murs de l'abbatiale résonnent, chaque été, aux harmonies des musiciens venus se produire au Festival de Saint-Riquier - Baie de Somme pour le plus grand plaisir des mélomanes.

 

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                                                                                                                                                            © Yazid Medmoun

L’abbatiale

L’abbatiale de Saint-Riquier est un exemple unique de l’évolution de l’architecture gothique, présentant des éléments appartenant au gothique primitif, classique et flamboyant. La façade de l’abbatiale date du début du XVIème siècle et a la particularité d’être dominée par une unique tour centrale qui s’élève à 50 mètres, sans fenêtres, permettant un déploiement de statues enchâssées dans un réseau dense d’arcatures et de lignes.

Le tympan central, représentant l’arbre de Jessé, est couronné par une statuaire représentant la Trinité, deux abbés et les apôtres. Il est surplombé par des représentations du couronnement de la Vierge, de Saint Michel, d’Adam et Eve, des prophètes Moïse et Elie. Depuis le XXème siècle, de multiples travaux sont entrepris pour restaurer des éléments des différentes faces, notamment les contreforts et les parements intérieurs. La façade occidentale fut intégralement restaurée en reconstituant certains éléments de statues détruits et faisant apparaître de nombreux éléments polychromiques.

L'abbatiale, propriété de la ville, est devenue église paroissiale à la Révolution française.

L’abbatiale et 28 de ses 59 statues sont classées monument historique par Prosper Mérimée dès le premier arrêté de 1840.
 

Abbatiale

© comdesimages                                     


Au XIXème siècle, les plus grands auteurs, dont Victor Hugo, ont admiré notamment les deux statues impressionnantes qui ornent les piliers de la nef et qui rappellent l’étape importante que fut l’Abbaye royale de Saint-Riquier sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle.

L’abbaye

L’aile Ouest des bâtiments, dans le prolongement de la façade de l’abbatiale, constitue un des éléments les plus intéressants de l’Abbaye. Elle conserve de nombreux éléments et décors du XVIIIème siècle.

Des murs du XVIIème siècle, l’aile Sud ne conserve que le rez-de-chaussée à grandes baies ouvrant sur les jardins.

L’aile Est a conservé ses murs du XVIIème siècle, mais la disposition intérieure a été entièrement modifiée.

Les bâtiments du XIXe siècle

Les « petites écoles » installées dans le parc, dans le prolongement de l’aile Est, furent construites au XIXème siècle pour abriter les salles de classes d’un petit séminaire.

Deux granges picardes du début du XIXème siècle, provenant d’Omécourt dans l’Oise, ont été remontées dans le parc de l’Abbaye au cours des années quatre-vingt, en respectant les matériaux et les techniques traditionnelles.


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                                                                                                     © Guillaume CROCHEZ

Le logis abbatial

Le logis abbatial est l’un des témoignages les plus authentiques de l’Abbaye mauriste du XVIIème siècle. Construit à l’époque de Charles d’Aligre, il fut acheté à la Révolution par le prêtre de la paroisse et utilisé ensuite par le petit séminaire. Il resta quasiment intact jusqu’à l’occupation militaire allemande.

 

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Le parc et les jardins

Au détour d’une promenade, on peut y admirer les granges picardes, les « petites écoles » et le mur d’enceinte formant un jardin arboré carré presque fermé. Sur environ 3 hectares sont plantés 300 arbres fruitiers : pommiers, poiriers, cerisiers, pêchés, pruniers mais aussi châtaigniers, noyers et noisetiers, ainsi qu’une centaine d’arbres d’ornement.

Les arbres fruitiers sont entretenus notamment par les élèves des lycées agricoles de Picardie Maritime dans le but de constituer des vergers conservatoires.
 

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Les productions sont transformées (gelée, cidre, confiture,…) en collaboration avec les élèves des lycées hôteliers.

Ces actions s’inscrivent dans une démarche globale de développement durable et de préservation de la biodiversité.

Ainsi une ruche pédagogique a été installée (30 000 abeilles), des variétés anciennes de pommes et de poires ont été replantées et un cahier des charges écologique a été élaboré pour l’entretien du parc.

Le parc et les granges abritent également des œuvres d’art, notamment à l’occasion des expositions d’art contemporain ou à titre durable : 

 

Albert Hirsch

© Yazid Medmoun


Sculpteur, Albert Hisch vit et travaille dans la Somme depuis 1973. Dès le début de sa carrière, cessant de considérer le matériau comme simple support de sa création, il lui octroya la place incitatrice de toute son œuvre, et en fit l’ultime finalité de celle-ci. Outre son activité de sculpteur, il est également auteur de dessins, de peintures et de photographies.

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© Pascal Bauer


Artiste plasticien, né en 1959, Pascal Bauer vit et travaille à Paris. A la lisière de plusieurs disciplines, Pascal Bauer développe un univers dont la singularité tient à la liberté avec laquelle il s’empare de sujets graves et de techniques complexes. Ses œuvres, ludiques au premier abord, transmettent parfois jusqu’à l’absurde une revigorante critique des relations entre les hommes. Leurs dimensions politique et philosophique font appel à un humour corrosif qui est proche, selon l’artiste, « des énoncés absurdes voire impalpables de Kafka », et qui s’attaque volontiers aux attitudes idéologiquement préfabriquées.

D’avril à fin 2015, dans le cadre de l’exposition Anima/Animal, son œuvre

« Le Cercle » est installé près des granges.