Titus - Carmel - Peindre, écrire

du 5 juin au 23 décembre 2016

PROPOS DE L’EXPOSITIONAffiche peindre ecrire

De l’affleurement du pinceau au vol de la plume, en quelque sorte… Titus-Carmel est tout à la fois peintre et poète. À ce titre, en cette saison culturelle consacrée par l’Abbaye à l’écriture, au sens pluriel du terme, cet auteur prolifique, ami des écrivains - Jacques Derrida, Yves Bonnefoy ou encore Philippe Jaccottet avec lesquels il travailla - est également internationalement connu pour son oeuvre de peintre et de graveur.

Ses thèmes privilégiés - paysages, végétaux, empreintes - se déclinent en collage, montage, comme dans l’art de la marqueterie. Il y restitue les formes à leur destination picturale.

Paraissent, dans le même temps, aux éditions L’Atelier contemporain, ses écrits sur l’art, Au vif de la peinture, à l’ombre des mots. Les éditions TohuBohu et l’Abbaye royale publient, à l’occasion de cette exposition, sous forme de leporello, une suite d’oeuvres, Diurnales,
31 Pages de mai
.

Cent trente cinq oeuvres de Titus-Carmel sont proposées dont une série de trente-et-une oeuvres, Diurnales, 31 Pages de mai, totalement inédites.
Une salle est également consacrée aux ouvrages de l’artiste, manuscrits et livres illustrés, accompagnés d’estampes de Bibliothèque d’Urcée, Brisées… Les visiteurs pourront également le découvrir dans son atelier grâce à une vidéo qui lui est consacrée.
 

PARCOURS DE L’EXPOSITION

L’exposition présentant l’oeuvre de Gérard Titus-Carmel se construit sur sa double pratique de la peinture et de l’écriture. Les oeuvres n’y sont donc pas exposées selon un ordre chronologique mais viennent en contrepoint de titres d’ouvrages de poésie dont les mots résonnent dans la peinture :
Seul Tenant, la Nuit au corps, Ici rien n’est présent, Demeurant, Instance de l’Orée, dessinant
un parcours dans l’oeuvre des vingt dernières années depuis la série dite des Forêts datant de 1995, jusqu’à la suite inédite des 31 Pages de mai, de 2015, pour se clore par une salle consacrée à l’édition de livres rares accompagnant de célèbres auteurs ou artistes, et ceux qu’il a lui-même écrits, poésie et autres essais sur l’art.

L’exposition se propose de reconstruire les multiples facettes de la pensée de Titus-Carmel par un entrelacement entre la réinvention du paysage que constituent les séries des végétaux d’une part
et l’irruption du corps d’autre part, comme celles entre l’oeuvre peinte d’une part et l’oeuvre éditée de l’autre. Elle souligne ainsi ce qui n’est ni une opposition ni une disjonction des différents versants de
lJungle x titus carmel’oeuvre mais une manière de construire une pensée de l’absence comme présence aigüe, tout à la fois poétique et esthétique.

Peindre, écrire. Le geste, l’énergie du tracé dans l’espace.
Le foisonnement jusqu’à la saturation de la surface et toujours, telle une ligne de force qui court tout le long de l’oeuvre, un sens aigu du mouvement, de l’instant contenu dans l’acte de peindre comme dans celui d’écrire. Ainsi, le visiteur parcourant les salles de l’exposition « Titus-Carmel - peindre, écrire », est-il convié à la traversée d’un paysage intérieur dans lequel images et mots dialoguent, se font écho, s’enchevêtrent, s’interrogent, poussant chaque oeuvre jusqu’à ses ultimes limites, dans un mode de questionnement qui emprunte son architecture interne et sa géométrie insolite aux figures du végétal et de l’organique. Les titres des salles en témoignent : Seul Tenant, la Nuit au corps, Ici rien n’est présent…

L’avancée dans cette oeuvre singulière se fait autour d’un noyau incandescent dans lequel la main chemine de concert avec le regard, où geste et parole sont inscrits chacun au revers de l’autre, multipliant traces, vertiges, pulsations, autant dire une peinture qui va jusqu’au bout de ce qu’elle énonce et de ce qu’elle accueille. Si le végétal est bien ce qui donne à la peinture de Gérard Titus-Carmel ses valeurs d’unité et d’ordre, l’organique nous ramène lui, du côté de la précarité, de ce travail de longue haleine qui consiste à élaborer, peinture après peinture, poème après poème, cet « arrière-pays » si cher au poète Yves Bonnefoy, dans lequel l’infini serait embrasé d’un seul regard.

Figure du double n 1