Évelyne Artaud – Portrait sur le vif

Alors que nous sommes à seulement huit jours de l’ouverture de l’exposition d’art contemporain et numérique, Anima Animal, l’Abbaye royale de Saint-Riquier résonne des bruits de pas des techniciens de montage et des artistes participant à l’installation de leurs œuvres. Évelyne Artaud, commissaire de cette exposition, pour l’art contemporain et actuellement en résidence à l’Abbaye, en supervise les préparatifs. De toute évidence très occupée, la commissaire a bien voulu répondre à nos questions :

Évelyne Artaud, présentez-vous en quelques mots :

Je suis commissaire d’exposition indépendante, philosophe de formation et je conçois depuis plus de 25 ans un parcours d’expositions monographiques et thématiques dans un réseau de lieux spécialisés en art contemporain, Musées et Centres d’art français et européens. Je suis également critique d’art et éditeur.

Evelyne artaud face copy 

Pouvez-vous nous parler un peu, sans toutefois la dévoiler, de cette prochaine exposition Anima Animal :

Oui, bien sûr. Anima Animal, c’est une thématique qui m’a été proposée par Anne Potié, directrice générale de l’Abbaye royale de Saint-Riquier. C’est un beau thème et qui pose aussi nombre de questions intéressantes, notamment sur notre rapport à l’animal, sur cette fragile frontière, cette ligne de rupture entre lui et nous. 

Justement, est-ce difficile de créer un parcours d’exposition sur un tel thème ?

Je ne crois pas. De toute façon, mon travail de commissaire ne consiste pas à « répondre » à telle ou telle question, soulevée par la thématique retenue. Pour Anima Animal, je propose des questions, des rencontres, entre les œuvres et les regards posés sur elles, ceux des artistes, comme ceux des visiteurs. Ce qui m’intéresse, ce ne sont pas seulement les idées, mais surtout les émotions. 

Aborder le thème Anima Animal, à travers l’art contemporain et numérique, est-ce une gageure ?

Je ne puis parler pour Jean-Pierre Balpe, co-commissaire pour l’art numérique, mais je suis sensible à la liberté totale que permet l’art contemporain. Cela permet de donner une « voix » à ce qui est montré dans une exposition. Ce silence des bêtes, ce n’est plus seulement  la cause de leur malheur, c’est aussi, grâce à l’art contemporain, l’occasion d’explorer leur mystère, leur force. Finalement, c’est cela qui compte : partager avec l’autre, prendre le temps de découvrir, s’interroger. C’est une façon de retrouver cette fraîcheur, cette ingénuité de l’enfant face à tout ce qu’il découvre.

Ariane Kveld Jaks