3 questions à Jean-Pierre Balpe

Présentez-vous en quelques mots. Qui êtes-vous ?

Je suis originaire de Lozère, plus précisément de Mende. Je vis à Paris la plupart du temps.
Je suis professeur à la retraite. J’ai été professeur au collège, au lycée puis en université. J’enseignais le multimédia. Je suis d’ailleurs à l’origine de la création du secteur « multimédia » à Paris 8.

Que faites-vous ? Quelle est votre spécialité ?

Je suis un artiste numérique, plus précisément un auteur numérique puisque ma spécialité est la génération automatique de textes.
Je ne cherche pas spécialement à vendre et à vivre de mes œuvres. Mon but est de créer tout simplement. J’ai, quelquefois, des commandes et je travaille également avec d’autres artistes.

Jean pierre balpe devant l esprit humain

C’est le cas pour Anima/Animal. Justement, quelle est votre contribution à l’exposition ?

D’abord, je suis le commissaire d’exposition pour les arts numériques.
Ensuite, j’ai conçu, avec Eric Vernhes et Michel Jaffrenou, Monstrueux Monstres. Il s’agit du cube noir de Moments carolingiens, une œuvre interactive de l’exposition précédente. Le cube appartient à l’Abbaye et nous avons décidé de l’adapter à Anima/Animal. Au lieu de générer des moments de vie carolingienne, il décrit, cette fois, des monstres imaginaires. Encore une fois, les textes ne sont pas écrits à l’avance. Je fournis, en quelque sorte, les éléments nécessaires (grammaire, orthographe, conjugaison, noms d’animaux et caractéristiques) et le cube écrit un texte en temps réel, dès qu’on l’effleure de la main. C’est de l’instantané.

Enfin, j’ai créé, seul cette fois, L’esprit humain. Ce grand cube noir dans lequel on est invité à entrer. Cette fois-ci, c’est de la génération de texte orale puisqu’une voix féminine robotisée vous parle. Elle essaie de comprendre qui on est, combien on est, ce qu’on fait ici, à l’intérieur du cube. Avec cette œuvre, j’ai voulu inverser les rôles dans le sens où tout au long de l’exposition, les animaux sont observés, analysés, parfois jugés par les hommes. Une fois dans le cube, c'est nous qui le sommes.